France – GR20

Première expérience sur le GR20

Et voilà, c’est fait : traverser la Corse du Sud au Nord via le GR20 !
Une première pour moi dans ce genre de périple, et il faut dire qu’on ne s’est pas attaqué au plus facile pour débuter. Le GR20 est souvent estimé comme le sentier de randonnée le plus difficile d’Europe. Et quand on en vient à bout on est un peu fier ;). Mais il se mérite et il laisse des traces. Une bonne préparation est nécessaire, et j’entends par la pas forcément physique comme beaucoup le pensent.

Mais tout d’abord le contexte : 13 jours de marche, du samedi 19 mai au 1 juin. L’hiver 2018 ayant été généreux en neige, 2 étapes se passaient dans des conditions assez difficiles.
Nous étions en autonomie totale, c’est à dire tente, réchaud, gaz et tout le nécessaire pour se faire à manger ainsi que des plats lyophilisés. Soit des sacs allant de 16 à 18 kg.

Le GR20 se mérite mais il est aussi généreux ; en paysages bien sûr, mais aussi en rencontres, en apprentissage de soi et de son corps ! Alors foncez ! 🙂

Journée type

Départ :

On était pas les plus matinaux, ça c’est clair. La première semaine on est partis du bivouac entre 9 et 10 h. C’est vraiment pas idéal, en effet la brume (à cette saison en tout cas) a tendance à remonter de la vallée entre 10h30 et midi. Donc une fois au sommet plus aucune visibilité.
Essayez de partir entre 7 et 8 h. Si vous arrivez à être plus matinaux encore, tant mieux.

Midi :

On mangeait souvent entre midi et 13 h, la plupart du temps au sommet de l’étape. Couvrez vous lors de longues pauses, surtout au sommet, et essayez de vous abriter du vent. En cas de temps orageux, ne restez surtout pas là par contre !

Soirée :

Douche et lessive quand c’était possible.
Apéro bien sûr ! Echanges avec les personnes au refuge.
Repas entre 18 et 19 h.
Coucher rarement après 21h 😉

Equipement

Ci-dessous je vous fais une liste rapide des choses que j’ai emportées et un partage d’expérience qui j’espère pourra vous aider dans vos choix ou du moins dans votre réflexion.

Sac à dos :

Un Gregory 65L. Un peu gros certes mais ça ne m’a pas gêné au final.
S’il y a bien un élément à bien choisir c’est le sac à dos, il sera votre double pendant tout le trajet, alors autant en faire un ami ;). Assurez vous que le porté vous convient et que vous savez le régler.

Tente :

On a emporté une Lightent 3 de chez Ferrino et pas déçus du tout ! Légère (2,3 kg de mémoire) et très facile à monter. Elle a supporté de bonnes nuits de pluie et de vent sans aucun problème. Cependant faites attention à la taille de la tente que vous emportez ; dans certains refuges les places de bivouac ne sont vraiment pas larges.
Au départ on pensait à une MSR mais c’est le double de prix …

Nourriture :

Bouteilles de gaz de 230g x 2 pour la partie sud puis autant pour la partie nord. Au final on aurait pu en prendre 2 fois moins mais on a préféré assurer.
Réchaud MSR (le plus basique il me semble), léger et facile à manipuler. Top !
Casserole silicone Sea to Summit pliable avec couvercle. Pareil que du bonheur !
Couverts en plastique rigide. Fait le boulot.
Plats lyophilisés Summit to Eat (petits dejs, plats et desserts 😉 ). Agréablement surpris par cette marque ; les plats sont bons et variés. Peut être parfois un peu épicés mais ça c’est selon les goûts. Mais surtout avec un excellent apport calorique ; on a comparé avec ceux de Décathlon et pour le même poids y’avait pas photo. Vous pouvez les trouver très souvent en promo sur des sites de vente privée. Les petits dejs étaient moins variés et on s’est lassé sur la fin.

Chaussures :

Parti avec des Merrell en tige basse. Elles n’étaient pas neuves mais juste faites. Au retour du GR elles sont mortes ! Pas grand chose à reprocher à la chaussure en soi ; bonne accroche, jamais froid. Cependant elles étaient censées être en Gore-Tex et j’ai eu très facilement les pieds trempés.
Par contre elles prennent cher tout le long du chemin, donc pour moi c’est poubelle quand je suis rentré.

Bâtons :

Je n’étais pas convaincu au départ car je n’ai jamais vraiment marché avec des bâtons. Mais ça m’a sauvé mon GR ! Je m’explique : ça adoucit les appuis en descente, les genoux vous disent merci, et apporte une poussée supplémentaire pour les montées, vos cuisses vous disent merci. Mais surtout ça m’a apporté beaucoup d’équilibre dans des situations où j’aurai pu glisser, chuter par un mauvais appui. Par contre, attention, ne prenez pas pour habitude de vous jeter dessus, c’est une aide avant tout pas un support.
Nous avons pris des bâtons Alpidex composés de carbone, il parait que pour la rando il faut privilégier l’alu mais ils ont survécu malgré de nombreuses fois où ils ont été très sollicités.

Gants, bonnet, tour de cou :

Jamais sortis du sac … Je ne sais pas quoi conseiller vraiment mais personnellement en journée j’avais tellement chaud par l’effort physique que je n’ai jamais ressenti le besoin de les mettre. Et pour le soir une polaire et une veste avec capuche suffisait amplement.

Chaussettes :

Parti avec 3 paires en mérinos ; 2 paires normales et 1 paire « doigts de pied ». Alors tout d’abord le mérinos, pour les odeurs ça aide mais pas de miracle, au bout de quelques jours faut les laver ! Au départ je portais une paire en journée, puis j’ai vu quelqu’un en refuge un matin mettre 2 paires et je me suis rappelé faire la même chose au volley pour les ampoules. Au final j’ai fini le GR en portant toujours 2 paires, et plus d’ampoules, moins de sensation de chaud sur la plante des pieds en descente. Essayer c’est l’adopter 😉
Pour la prochaine fois, je pense que l’idéal c’est une paire « doigts de pied » en dessous et une paire normale par dessus.

Pantalons :

Emporté un pantalon léger de rando (transformable en short) et un pantalon de pluie. Au final, si c’était à refaire, je prendrais juste deux pantalons de rando. Quand il commence à pleuvoir on s’arrête rarement pour fouiller dans son sac, et se changer. Et je préfère largement être mouillé par la pluie que par ma transpiration dans le pantalon de pluie (voir aussi plus loin pour la veste).

Polaire :

Parti avec une polaire Décathlon simple. Pratique pour le soir. Jamais mise en journée.

Veste de pluie :

Veste 3 couches Millet, mise uniquement le soir, lors de pauses ou sur des étapes pluvieuses simples (plat/descente). Pour ce qui est des étapes difficiles, comme pour le pantalon, je préférais être mouillé par la pluie. On a très vite chaud là-dessous ! Très appréciable comme coupe vent par contre.

T-shirt :

J’ai emporté 3 t-shirt : un manches courtes, un manches longues et un pour le soir/nuit. Au final 2 t-shirt manches courtes auraient suffi. Celui de la journée on peut le laver en arrivant au bivouac, et en général il est sec le lendemain. Privilégiez des matières qui sèchent vite. Et ne partez pas avec vos t-shirt préférés ; celui qui m’a servi pour la rando est bon à jeter, plein de trous au niveau du nombril faits par les attaches du sac à dos.

Collants de compression :

Ca pèse pas lourd et c’est appréciable dans diverses situations. Notamment pour la nuit si jamais il fait plus froid, en récupération le soir après une étape difficile ou même pendant une étape si vous vous sentez moins en forme le matin.

Maillot de bain :

Ca c’est vraiment le truc que j’ai lu partout … et qui ne m’a jamais servi !!! Qu’on soit clair ; soit il fait froid, et si vous vous baignez vous ne mettrez que les pieds dans l’eau, soit il fait chaud, et dans ce cas le caleçon sèche en 10 minutes. Inutile !

Trousse à pharmacie :

Prévoir pansements classiques et pour ampoules, du sparadrap (les pansements seuls ont tendance à se balader dans la chaussure), de quoi soigner des petites plaies et de faire des straps.
J’avais aussi pris une bande de kinésiologie (taping, le truc qu’on voit pas mal chez les sportifs en ce moment), et ça m’a pas mal aidé sur un genou douloureux. C’est gros mais ça valait la peine.
Des pastilles de purification d’eau peuvent aussi servir mais pas indispensable.

Equipements de sécurité :

Renseignez vous sur les conditions météo ! Et j’entends par là dans les refuges, sur des sites météo ou directement en appelant le parc naturel de Corse. Sur les forums ou Facebook on lit vraiment de tout et parfois ça peut être dangereux.
De notre côté on a du franchir 2 étapes très enneigées, nous nous étions donc équipés de crampons rigides. Et au final, vu le monde prenant les navettes pour contourner, on ne regrette pas du tout notre choix.
Attention cependant, l’équipement ne fait pas tout, soyez lucide sur votre état physique et sur les conditions que vous allez affronter !

Chargeur solaire / Batterie externe :

Emporté un chargeur solaire RavPower 15W. Lourd, très lourd : plus de 700 g ! J’ai d’abord cru le jeter au bout de quelques jours, puis il nous a servi un peu par la suite. Si c’était à refaire, je prendrais juste un bonne batterie externe (chargée 😉 et à protéger du froid).

Matériel photo :

Fujifilm X-T1 + objectif 18-135 tropicalisé. Je me voyais pas prendre le reflex, trop lourd et encombrant. Ce petit appareil a fait le boulot, et a pris quelques coups. 2 batteries ont été nécessaires pour tout le GR.
Clip de fixation à la bretelle du sac PeakDesign ; un petit bijou ! Je vous le conseille fortement. L’appareil est accessible tout le temps et ne bouge pas d’un poil. Un vrai bonheur.

Quelques conseils

– On ne le dira jamais assez mais renseignez vous ! Ce GR n’est pas une balade de santé, encore moins quand la météo est capricieuse.

– Aucun distributeur sur le parcours, estimez bien votre budget (couchage, repas, Pietra, saucisson, fromage, … 😉 ). Au pire prévoyez large, les billets ne pèsent pas si lourd.

– Votre pire ennemi sur le GR sera la pluie ! De nombreuses étapes se font sur des roches qui accrochent plutôt bien par temps sec, mais se transforment en patinoire si elles sont mouillées. Pour la même raison, évitez autant que possible de mouiller vos semelles dans les ruisseaux ou les parties humides.

– Etirez vous matin et soir (idéalement avant de vous coucher, une fois les muscles plus froids, histoire de pas aggraver d’éventuelles lésions de la journée).

– Echangez avec les personnes que vous rencontrez, que ce soit le soir au refuge ou sur le chemin la journée. Les expériences de chacun sont enrichissantes et peuvent vous apporter des infos précieuses sur vos prochaines étapes.

– Soyez attentif à chaque pas que vous faites (surtout sur la partie Nord du GR), vos orteils, chaussures, genoux vous diront merci. Si vous voulez regarder le paysage ou autre, arrêtez vous.

– Parties enneigées : je ne suis pas un expert, mais de ce que j’ai appris sur place, si vous devez traverser un névé il y a deux solutions. Soit vous le contournez par un autre chemin, soit vous passez par la neige mais loin des bords rocheux. En effet, près des roches, l’épaisseur de neige sera plus mince et vous avez plus de chances de passer à travers, avec aucune idée de ce que vous trouvez en dessous. Prudence donc.

– Ouvrez les yeux, émerveillez vous, profitez, vibrez, vivez …

Et pour finir, les photos bien sûr 😉

3 réponses à France – GR20

  1. brunel dit :

    merci pour vos commentaires ,retours et photos.ca va nous aider pour notre periple qui commence dans une semaine.nous partons de Calenzana et esperons maitenant que le temps sera plus clement.
    nous voulons le faire sur 13 jours si nous n’avons pas de probleme avec la neige sur certaines etapes.
    encore merci pour le reportage

  2. mayet dit :

    Bonjour,

    Merci pour toutes ces précisions.
    Je pars le 17/06/2018 avec des crampons, le piolet est-il indispensable ? (question de poids)

    Cordialement

    • Andrei dit :

      Bonjour,
      Le piolet est juste une question de sécurité supplémentaire. Je ne peux pas répondre entièrement à cette question, chacun prends ses responsabilités.
      Si tu glisses ça aide, si tu glisses pas ça ne sert à rien 😉

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